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23/07/2009

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--Petit sablier, 2014, 07 /numéro de machine (E ou H ou I...) 09 et jour de l'année. Vérifier, mettre dans une caisse, 10 boîtes, fermer la caisse au scotch, imprimer le code sur le carton, scotcher l'autre côté, poser sur une palette.
--Une heure après, dix masques tombent de la machine, les prendre, vérifier en 15 secondes si les élastiques sont là, si les rabats sont bons et si les barrettes nasales sont à la bonne taille, et bien soudées dans le masque et si les inscriptions sont bonnes. Les mettre dans la boîte qu'on vient de former. 10 retombent. Quand il y en a 50, on ferme la boîte , et on pose sur un tapis roulant. Et là est imprimé petit sablier blabla... Et une heure après on bouge de machine. Et ensuite, on retourne s'occuper des cartons.

A y est je suis ouvrière ! De matin, 5H à 12h. Et tout cela grâce à la grippe A/porcine/mexicaine. Que vive la grippe, ça me paiera le loyer !
104 millions de masques à faire jusqu'à la fin de l'année prochaine. Ça promet de l'emploi dans le coin.

C'est répétitif à souhait mais l'ambiance de travail prime sur tout. Mettez une vingtaine de femmes (et quelques hommes) dans une même grande salle, et vous obtenez un cocktail de bonne humeur. Et de simplicité. Surtout. Pas de chichi, une charlotte en papier bleu sur la tête, une blouse moche et des chaussures de sécurité, impossible de se distinguer.

Pour essayer de compenser la frustration de n'avoir rien trouvé dans le journalisme, je prends ce boulot pour une espèce d'étude sociologique avec observation participante.

J'ai déjà pu noter la solidarité des filles entre elles, qui, pour certaines sont célibataires avec enfants, ou très jeunes, les syndicats qui descendent jusque dans l'atelier pour causer pendant que les cheftaines ménagent des pauses pour qu'on puisse les écouter...

Comme on dit, la suite au prochain numéro...


25/06/2009

Informer sans infos

Comment vous informer de ce qui se passe sur Calais, sans vous expliquer ce qui s'y déroule. Je m'explique.

Je ne suis pas à Calais. Là, je suis plutôt en Flandres maritime. Allez, vers Bergues si vous voulez. Donc je ne sais rien de ce qui se trame à Calais. Sauf que si. En laissant trainer les yeux et les oreilles, on sait. Enfin, on sait, une certaine version de l'histoire.

Pour ceux qui ne comprennent rien, je reviens en arrière. A Calais, ville PCF qui a viré UMP aux dernières municipales, se tient en ce moment ce qui s'appelle le camp No Border. D'après ce que j'ai lu sur les affiches collées partout dans Lille, c'est un camp international qui revendique le droit de migrer tranquille partout. D'où "No Border" (pas de frontières pour les pô bilingues).

Donc je reviens à mes infos. Il se trouve que mercredi soir, en passant sur l'autoroute à proximité d'Hazebrouck, montent sur l'autoroute une compagnie de bus de gendarmerie. Pas les enfants de coeur genre CRS dans leurs camions blancs. Non. Plutôt genre hautes camionnettes avec grilles pour protéger les feux. Et l'avant où est dissimulée, je suppose, l'attache de la grille anti-émeute. Une joyeuse cavalerie de 6 ou 7 camions qui se dirige allégrement vers Calais. Soit dit en passant, les gendarmes, c'est les militaires. Les pas mous du genou quand il s'agit d'enfoncer une ligne de manifestants.

Seconde info, une tripotée de norvégiens a logé chez mes parents. Appelés à la rescousse mercredi, mes parents, qui tiennent un gite, otn hébergé pour le compte du boulot de mon père, des visiteurs. Et pourquoi ? Eh bien parce que tous les hôtels de Calais étaient pris. Selon les pages jaunes, il y a 41 hôtels (j'ai pas tout vérifié hein...). Hôtels bookés par....oui, vous y êtes. Par les forces de l'ordre.

Donc ma version de l'histoire, c'est qu'avec ces deux infos. Je peux d'ors et déjà vous dire que si No Border tourne mal, et que si les manifestants crient que "les forces de l'ordre les ont harcelé"... Moi je les crois les yeux fermés.

22/06/2009

Quickie religieux

Hier, après avoir déambulé avec dame Coline dans les rues quasi bondées de Lille musicale, nous sommes tombées sur deux énergumènes.

"-Bonjour, vous vous promenez pour la fête de la Musique ?"
Je ne remarque d'abord pas leur vareuse à la scout. Ils sont jeunes, seize, dix sept ans peut-être plus. Une petite blonde et un mec tout maigre, les yeux clairs. Je ne comprends rien à ce qu'ils disent, les groupes alentours couvrent leurs mots timides.
"-Ca ne prendra que cinq minutes.
-?
-Vous allez au Sacré coeur, et vous pouvez prier entre deux concerts, c'est pas difficile.
-Euh...on ne croit pas trop. Voire pas du tout en fait.
-Ah C'est pas votre trip en fait.
-C'est ça.
-Oh bah même si vous voulez voir vous pouvez y aller, c'est au sacré coeur là-bas" termine le gringalet en montrant du menton une rue adjacente.

De la religion à emporter en somme. Comme l'a soufflé dame Coline, "on aurait du aller voir, ils font peut-être aussi la fête de la musique dans l'église. Sister Act, c'est chouette".

Depuis quelque temps sur Lille et ailleurs, j'ai noté une recrudescence de l'esprit religieux. Peur ? Crainte ? Besoin d'un lien social ?
A Roubaix, ce sont les affiches évangélistes qui ont fleuri sur les murs. Dans le métro et sur Villeneuve d'Ascq, les "Brothers of jesus" aux gueules d'anges américains en costumes et cravates draguent les classes pop' en skatant et en arborant un sourire propret. A Lille j'ai ramassé plusieurs fois des petites cartes au format carte bancaire aux couleurs de "Dieux croit en vous". Graphiquement, je ne sais même pas si les Bleu blanc et rouge choisis sont fait consciemment. Un autre illuminé un soir, distribuait des morceaux de papier avec évangiles à la clef...

Tiens je ne sais pas comment finir ce post. Ah bah si comme ça.

 

 
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