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07/08/2009

A la chaîne

"Il n'y a pas de sous/sot métier"

Combien de fois avez-vous déjà entendu cette phrase usée à la corde ? Celui qui la prononce tente de se rassurer alors qu'il sait qu'il a un boulot pourri. Et quand on se l'entend dire, c'est surtout pour cacher signifier "te plains pas t'as un boulot".

Ne faut-il pas se plaindre quand à une quarantaine d'années, on a le dos cassé ? Ne faut-il pas désespérer quand au même âge on trouve qu'un CDD de 6 mois c'est une opportunité géniââle ? Ne faut-il pas se dire qu'on fait un boulot de merde, à des heures décalées, pour un salaire de misère, en sachant qu'on s'use plus vite là qu'ailleurs ?

Il existe tellement de sots métiers, tellement de sous labeurs. Ce n'est pas l'humain qui est bête mais la tâche. Comme disait un ami d'une amie qui arrive à lire Bourdieu : "la question c'est l'emploi. Mais aussi sa qualité". Beaucoup trop d'emplois ne ressemblent à rien, ne mènent à rien.

Et ne font que casser l'homme. Une collègue, Odette*, titulaire d'un bep compta mais qui fait de la manutention depuis des années l'explique "les cours du soir, tout le monde le voudrait, mais j'ai déjà eu du mal à me mettre au sport, alors rentrer du boulot, voir ses gamins et rebosser derrière, trop dur pour moi. Ca me dépasse". Et pourtant l'envie profonde ne manque pas. Mais même moi, qui suit normalement la plus motivée pour m'en aller de là au plus vite, je n'arrive pas. En rentrant, je suis cassée, avec une seule envie : le vide. Quand on bosse, on ne pense qu'à son lit.

Alors comment construire une vie sur une fatigue permanente ? Avec en filigrane de son parcours, des échecs qui reviennent sans cesse : "j'aurais du mieux bosser", "les jeunes ils faut qu'ils fassent des études, pas comme moi", "Quand je suis revenue dans le Nord, j'ai laissé tombé mon boulot. C'était une erreur" ?

Ces ouvrières se mettent à rêver. "Un mari gentil, des gamins qui auraient tout ce dont ils ont besoin, un CDI, une maison à moi, ou juste un appartement" que Brigitte* me sort, entre deux cartons à scotcher. Elles vivent un peu par procuration des morceaux de vie de leurs collègues. Mattent des photos du mariage de la collègue. Fantasment sur un malaise que je fais pendant trois secondes : "t'as des nausées, tu serais pas enceinte, ohhhh ce serait trop mignon. Tu te maries quand ?" sourie Liliane* aux yeux qui pétillent.

 

* : tous les prénoms sont changés. Histoire de.

 

Prochainement : les seules richesses des ouvriers, ce sont leurs enfants ( je sais plus où j'ai déjà lu un truc comme ça...)

 

31/08/2008

Test Test

Allez chers amis prenons le taureau par les c***lles et jettons nous dans la grande marmite de la réalité.

Oui je suis dans le vivier de la Voix du Nord et force est de constater que les gens qui n'y travaillent pas, ne savent pas comment on y vit. En fait, déjà, sachez qu'on y survit plutôt.

Pour avoir un contrat dans cette grande entreprise, il faut déjà appeller. Un morceau de la RH ne s'occupent que des CDD, apparemment de journalistes et d'autres choses (maquettiste...?? je ne sais pas encore). Quand on appelle cett entité, c'est souvent négatif. Pas de contrat, rien sur le feu. Pour ce qui suivent depuis ces deux mois de vacances, je n'ai rien eu. Pas une pige, pas un boulot. J'ai donc envisagé de faire le siège téléphonique du journal. Je les appelle deux fois par semaine. Apparemment les contrats reviendront sous peu. Je reste optimiste.

Pour être un bon CDDiste il faut :

-Aimer sa voiture et être capable de se déplacer partout (en moins de 2 mois j'ai fait Villeneuve d'Ascq, Bethune, Cambrai, Calais)

-Etre libre au dernier moment (les appels arrivent souvent le lundi matin pour l'après midi ou le mardi, et le vendredi pour le lundi)

-Accepter toute proposition (sinon ce serait cracher dans la soupe)

Petit récit :

- Je vous propose Calais pour une semaine (note de moi : à deux heures de chez moi)

Moi : - Je pense que je vais refuser. Je prèfère plus près pour le moment.

-Mais vous savez, si vous refusez trop on ne vous proposera rien (note de moi : je n'avais jamais rien refusé auparavant).

Moi : -Je sais mais je ne peux pas

-Mais vous savez on fait des embauches en fin d'année, si vous refusez des contrats comme ça, vous ne serez pas en bonne place.

Moi : -Je sais mais je ne peux pas.

 

Et deux jours après on me rappellait pour le contrat de Villeneuve (ndm : à quinze minutes de mon domicile).

Comme je l'avais déjà souligné dans une note précédente, les CDDistes sont très flexibles à La Voix. Certains semblent même n'avoir aucune espèce de résistance à l'autorité. J'avoue qu'être lucide dans ce boulot ne permet pas de bien le vivre. Mais parfois la naïveté de certains me rend malade.

Vu le nombre de blogs qui tournent sur le sujet, je ne fais sans doute que rabacher ce qui existe, mais , selon moi, le souci de ce boulot n'est pas d'y trouver une place mais d'avoir les moyens de bien faire ce boulot. Clairement, dans les agences, une trentaine de postes devraient être pourvus pour que les éditions fonctionnent mieux.

La situation semble la même dans tous les journaux (selon d'anciens de Lannion-mon ancienne IUT, c'est le cas). Et parfois il est facile de se dire que certains laissent la situation perdurer pour laisser les jeunes pousses croire que la soumission est une composant de ce boulot.

Reste à savoir qui sont ces "certains"

11/07/2008

Job seeking

Les vacances à la Voix de vous savez quoi, ça n'existe pas. Ou pas réellement.

Je suis dans le vivier CDD et comme un pitit poisson, j'attends l'épuisette qui viendra me déposer dans une agence du journal. En temps classique, hors vacances, j'ai déjà bossé l'équivalent de deux semaines par mois. Mais voilà un mois qu'on ne m'a pas appelée.

Je suis donc au chômage technique, mais pas vraiment. Parce que si aujourd'hui (vendredi, jour où la RH nous confie des contrats pour le lundi le plus souvent) on me propose d'aller à Caudry (une des plus petites agences du Nord, 3 journalistes tout près de Cambrai) je suis censée y aller.

J'évite donc de partir en vacances. Même si je vais le faire. Mais je ne fais pas partie des bons CDD. Une collègue qui tourne depuis 18 mois (dizaines de contrats déjà effectués) n'a pas pris de vacances depuis longtemps. 

Moi : Tu devrais les prendre tes vacances.

Elle : Oui mais bon...

Moi : Tu dis juste à la RH que tu seras pas là pendant deux semaines, c'est pas la mort.

Elle : Ouais mais j'ai juste pas envie de poser problème si ils ont besoin de moi...

La plupart des CDD que j'ai rencontré, n'ont JAMAIS refusé un seul contrat. Et ne comptent pas le faire.

L'image du filet à poisson n'est pas totalement folle. C'est juste que beaucoup s'y complaisent, ou du moins ne veulent pas s'en extraire. Le problème c'est que l'épuisette CDI ne prend que les plus assidus, et ceux qui ont perdu de vue qu'en dehors du filet, ils ont aussi une vie.

 
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