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25/06/2009

Informer sans infos

Comment vous informer de ce qui se passe sur Calais, sans vous expliquer ce qui s'y déroule. Je m'explique.

Je ne suis pas à Calais. Là, je suis plutôt en Flandres maritime. Allez, vers Bergues si vous voulez. Donc je ne sais rien de ce qui se trame à Calais. Sauf que si. En laissant trainer les yeux et les oreilles, on sait. Enfin, on sait, une certaine version de l'histoire.

Pour ceux qui ne comprennent rien, je reviens en arrière. A Calais, ville PCF qui a viré UMP aux dernières municipales, se tient en ce moment ce qui s'appelle le camp No Border. D'après ce que j'ai lu sur les affiches collées partout dans Lille, c'est un camp international qui revendique le droit de migrer tranquille partout. D'où "No Border" (pas de frontières pour les pô bilingues).

Donc je reviens à mes infos. Il se trouve que mercredi soir, en passant sur l'autoroute à proximité d'Hazebrouck, montent sur l'autoroute une compagnie de bus de gendarmerie. Pas les enfants de coeur genre CRS dans leurs camions blancs. Non. Plutôt genre hautes camionnettes avec grilles pour protéger les feux. Et l'avant où est dissimulée, je suppose, l'attache de la grille anti-émeute. Une joyeuse cavalerie de 6 ou 7 camions qui se dirige allégrement vers Calais. Soit dit en passant, les gendarmes, c'est les militaires. Les pas mous du genou quand il s'agit d'enfoncer une ligne de manifestants.

Seconde info, une tripotée de norvégiens a logé chez mes parents. Appelés à la rescousse mercredi, mes parents, qui tiennent un gite, otn hébergé pour le compte du boulot de mon père, des visiteurs. Et pourquoi ? Eh bien parce que tous les hôtels de Calais étaient pris. Selon les pages jaunes, il y a 41 hôtels (j'ai pas tout vérifié hein...). Hôtels bookés par....oui, vous y êtes. Par les forces de l'ordre.

Donc ma version de l'histoire, c'est qu'avec ces deux infos. Je peux d'ors et déjà vous dire que si No Border tourne mal, et que si les manifestants crient que "les forces de l'ordre les ont harcelé"... Moi je les crois les yeux fermés.

22/06/2009

Quickie religieux

Hier, après avoir déambulé avec dame Coline dans les rues quasi bondées de Lille musicale, nous sommes tombées sur deux énergumènes.

"-Bonjour, vous vous promenez pour la fête de la Musique ?"
Je ne remarque d'abord pas leur vareuse à la scout. Ils sont jeunes, seize, dix sept ans peut-être plus. Une petite blonde et un mec tout maigre, les yeux clairs. Je ne comprends rien à ce qu'ils disent, les groupes alentours couvrent leurs mots timides.
"-Ca ne prendra que cinq minutes.
-?
-Vous allez au Sacré coeur, et vous pouvez prier entre deux concerts, c'est pas difficile.
-Euh...on ne croit pas trop. Voire pas du tout en fait.
-Ah C'est pas votre trip en fait.
-C'est ça.
-Oh bah même si vous voulez voir vous pouvez y aller, c'est au sacré coeur là-bas" termine le gringalet en montrant du menton une rue adjacente.

De la religion à emporter en somme. Comme l'a soufflé dame Coline, "on aurait du aller voir, ils font peut-être aussi la fête de la musique dans l'église. Sister Act, c'est chouette".

Depuis quelque temps sur Lille et ailleurs, j'ai noté une recrudescence de l'esprit religieux. Peur ? Crainte ? Besoin d'un lien social ?
A Roubaix, ce sont les affiches évangélistes qui ont fleuri sur les murs. Dans le métro et sur Villeneuve d'Ascq, les "Brothers of jesus" aux gueules d'anges américains en costumes et cravates draguent les classes pop' en skatant et en arborant un sourire propret. A Lille j'ai ramassé plusieurs fois des petites cartes au format carte bancaire aux couleurs de "Dieux croit en vous". Graphiquement, je ne sais même pas si les Bleu blanc et rouge choisis sont fait consciemment. Un autre illuminé un soir, distribuait des morceaux de papier avec évangiles à la clef...

Tiens je ne sais pas comment finir ce post. Ah bah si comme ça.

 

09/06/2009

Du fin fond de la cambrousse

Les paysans, agriculteurs, fermiers ou que sais-je encore, peuplent mes instants. Du moins pour encore quelques jours. Voire semaine si la fraise est clémente.

Je cueille des fraises. Récession, crise, chômage, Nicolas, tout cela m'a obligé (sauf le dernier soyons sérieux) à trouver un boulot d'appoint. Donc acte, je ceuille des fraises. Hoopi. Ou pas.

M'enfin, ça me permet de connaître l'ailleurs. Pas la France d'en bas (c'est quoi ça d'abord), mais plutôt la France de là-bas. Vous savez, la campagne. Le vert. La non-pollution. Les veaux, vaches, cochons et tout ça.

Intéressant. Sociologiquement, comme dirait ma Hélène, on en apprend des choses. Mais attention, cette étude ne porte que sur la case "agriculteur de petite exploitation célibataire à 32 ans et aidé de ses parents qui cultive des fraises". Oui, je sais ça restreint l'angle de l'étude mais je préfère être claire.

Donc, j'ai appris que les agriculteurs, selon Monsieur fraises, sont les gros exploitants, pollueurs, qui répandent tout et s'importe quoi sur les champs. Lui, se considère plutôt comme un petit producteur de fraises, qui aimerait passer totally bio (il l'est partiel pour le moment) mais ce sans faire payer plus ses clients. Nous avons donc en face, le rêve de n'importe quel écolo. (Félicitons d'ailleurs au passage nos verts nationaux, bah oui ça fait plaisir. Du moins pour le symbole. J'ai voté écolo mais je conduit ma caisse sans vergogne. Ou avec juste la culpabilité nécessaire...mais bon...)

Les paysans de la campagne flamande sont fétichistes de leur pelouse. ils l'adorent. Selon ma sociologue préférée, c'est un signe de richesse extérieure. Et de fierté. Genre, ouahouuuuh t'as vu la pelouse du voisin, elle est bien tondue, alors que moi... Elle est beaucoup trop haute.

Je comprends difficilement cet aspect des choses. Aimer son herbe. Ok. Mais vouloir à tout prix qu'elle soit toute petite alors qu'on y est jamais. et qu'il pleut tout le temps... Boarf.

L'agriculteur déteste la consommation. Déteste le client. Surtout le client infidèle, ingrat et exigeant. En fait, l'agriculteur a un train de retard (sauf l'Eurostar qui passe en trombe à côté du champ), ceux qui ne savent pas ce que c'est que se casser les genoux dans la terre et la paille et sortir par 8° pour aller enfoncer des plants de fraises dans la terre humide, ne pourront jamais comprendre que derrière le légume, ou le fruit, il y a souvent plusieurs mois de préparation, de désherbage.

Qu'après tout, ce qu'on trouve sur les étals, c'est joli, c'est beau, c'est super bon, mais y a un mec avec des bottes derrière.

 
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