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21/11/2008

Les petits soldats de La Voix du Nord

La ligne éditoriale du quotidien nordiste ? Précarité et faits divers ! Une journaliste fraîchement remerciée nous plonge dans les coulisses de cette presse peu recommandable... (article paru dans LA BRIQUE, journal d'infos et d'enquêtes de Lille et d'ailleurs)


« Nous ne prenons que les gens issus d'école de journalisme, vous commencez le 1er juillet à l'agence de Tourcoing » me signifie-t-on quand je décide de commencer l'aventure CDD. Dans cette agence, l'attaché de presse de la mairie appelle quotidiennement le chef d'agence : « Pouvez-vous passer telle photo, pour un concours à Tourcoing-plage ? ». Été oblige, les sujets se font rares, alors on engrange ce qu'on peut. Jusqu'à faire un papier sur les sites Internet des villes alentour. « Les gens veulent du pratique. Du pré-mâché », martèle le chef d'agence. Tourcoing a la plus mauvaise réputation parmi toutes les locales du journal. Ca se tire dans les pattes. Entre un journaliste syndiqué « trop zélé » et un chef d'agence qui refuse toute forme de libre pensée, la franche camaraderie n'est pas au menu.

Quand la chargée des ressources humaines (la « RH ») rappelle pour d'autres contrats, je refuse d'aller à l'agence de Calais (1 h 30 de Lille). « En 18 mois, je n'ai jamais refusé un seul contrat  me soufflera une fille rencontrée à Béthune, « d'ailleurs, je n'ai jamais pris de vacances ». « Tu as refusé un contrat... et ils t'ont rappelé ? C'est rare », s'étonnait une autre précaire de Calais. Les ressources humaines en font presque un chantage : « Vous savez, nous recrutons à la fin de l'année et si vous refusez un contrat, c'est très mal vu. »
La précarité, c'est être balancé d'agence en agence, ne pas connaître l'endroit où l'on débarque, changer de poste de travail quand les titulaires en ont besoin, rouler parfois une heure avant d'arriver au boulot, et recevoir les sujets de reportage sur la route... Également, la phrase fétiche de la RH, « on vous appelle dès qu'on a quelque chose », n'est valable que si nous-mêmes harcelons leurs services toutes les semaines. On m'a déjà appelé le lundi matin pour un contrat commençant l'après midi...
Cachez-moi cette grève

Par la suite,  j'accepterai d'aller à Calais, de peur de rater d'autres opportunités. J'y suis restée deux semaines et trois jours, nous étions quatre précaires pour autant de titulaires. Un stagiaire (non rémunéré), un contrat de professionnalisation (payé moins  que le SMIC), et deux CDD (1).
Quand on arrive sur une nouvelle agence, on ne connaît pas le tissu de l'information sur place. Et les journalistes de l'agence retouchent l'angle choisi pour un papier. À Calais, j'ai couvert le blocage du port par les pêcheur, qui intéressait peu la rédaction. « Les calaisiens en ont rien à faire du blocage. Ce qu'ils veulent savoir, c'est ce qu'il provoque sur l'autoroute et le tunnel », souligne le chef d'agence. Alors on contrebalance le blocage du port par les dizaines de kilomètres de bouchons sur l'A16.
Il faut que je sois honnête. Le journaliste qui veut traiter tel ou tel point, peut. A priori. Les titulaires sont capables d'en faire à leur tête même si le blâme n'est pas loin. Ainsi, un journaliste de Tourcoing a reçu un blâme pour avoir refusé de couvrir l'ouverture d'un Mac Donald ! Mais quand un CDD débarque dans une agence, il suit les recommandations des titulaires.

A Calais, je débarque avec mes gros souliers de « socialo ». « Donnez moi tous vos sujets sur le social, ça me fait pas peur. » Et l'agence s'empresse de me fournir les sujets. Quand je me pointe à une réunion de la CGT cheminots, l'accueil est tiédasse. Mais je rassure les militants : « je suis de votre côté, je vous donnerai de la place dans le journal. » Le lendemain, sur la manif, on me remercie. « C'est rare les papiers sympas sur nous. Vraiment merci. »


Tête de gondole : du sang !


Je découvre les rouages d'une presse commerciale, où la concurrence explique des choix éditoriaux discutables. Deux quotidiens s'affrontent sur le bassin calaisien : La Voix et Nord Littoral (2). Ce dernier, pariant sur le fait divers, arrive à faire une page entière de son édition sur le calvaire d'un chat accroché à une poignée de porte (véridique). Selon La Voix, ce journal se vend bien mieux que le sien. Alors elle contre-attaque et balance également du fait divers dans les premières pages de son édition.

C'est la tête de locale qui fait office de page reine dans le journal (3). Elle met en lumière  l'événement de la veille. En réunion de rédaction du lundi, la liste des têtes de la semaine est décidée. Logiquement elle ne varie pas, sauf événement. Lors de mon CDD, je devais couvrir la manifestation du jeudi 22 mai, contre la réforme des retraites et les suppressions de professeurs. 1500 personnes ont défilé dans Calais. Chose assez rare, surtout parce que les manifs sont souvent délocalisées sur Lille. Un sujet qui mérite la tête donc. Sauf que la veille au soir, les faits divers amènent un autre sujet. Un père et son fils se sont crashés à 110 km/h sur un camion. Les photos que le journaliste ramène sont « bonnes ». On voit la tôle froissée et les pompiers qui désincarcèrent les corps. Le papier atterrit en tête et tacle la « grogne sociale ». Ultime entourloupe : le journaliste met en parallèle les bouchons provoqués par la grève des pêcheurs et l'accident...

Précaires sous surveillance

Deux mois plus tard, lorsque je recontacte la RH, elle me répond : « Votre fiche de notation est revenue de Calais et on ne vous a pas rappelé parce que c'était moyen. Orthographe moyen. Souci du détail moyen. Originalité moyen... Moyen quoi. Nous avons proposé les autres contrats aux meilleurs CDD. » À chaque agence, une feuille de notation. Une seule note défaillante et c'est la suspicion. Le matelot n'est pas bon. Virons-le du navire. Les deux agences qui ont posé problème pour mon recrutement ont été celles où mes convictions politiques ne collaient pas avec la ligne éditoriale.

Même si je garde un goût amer de mon passage, j'ai beaucoup appris sur les soucis de la presse en général : moyens techniques défaillants, précarisation des contrats, recrutement codifié... Presse qui au prix d'une concurrence souvent faussée, délaisse le terrain social pour les domaines consensuels et racoleurs. Et La Voix du Nord prépare une édition du lundi, « elle embauchera » dit-on. Mais on se trompe. Les CDD (déjà anciens) ont signé pour 12 mois pour faire tourner cette édition. Si elle ne marche pas, elle poussera à la rue une vingtaine de CDD qui ont trimé plus de deux ans de leur vie pour une publication « héritière de la résistance ».

(1) Au total, à La Voix, une trentaine de CDD végètent entre contrats mensuels, plus longs ou bien plus courts. Un CDD gagne 1783,91 € bruts par mois et quelques primes.
(2) Qui pourtant appartient également au groupe Voix du Nord
(3) Située après les pages région, elle est surmontée du nom de l'aire concernée.

Commentaires

Tu n'es certainement pas tombée sur les bonnes locales, c'est sûr. En même temps, la Voix du Nord a bien engagé 21 journalistes sur un an, et seuls 8 d'entre eux ont déjà bossé dans ce journal. Et vu le nombre d'abonnements, tous devraient être en CDI dans un an et demi.

Alors après, tu n'as certainement pas compris que la PQR doit vendre, qu'il faut te mettre à la place des lecteurs. C'est la base hein, pas une spécificité de la Voix. Sinon faut monter son journal ou bosser en magazine. Mais en étant un peu fin, ça n'empêche pas traiter tes sujets.

Il faut juste se casser un peu la tête pour trouver des angles intéressants...

Écrit par : Sandrine | 22/11/2008

Il n'est pas tant question de cherches des angles "intéressants" mais plutôt de trouver ce qui pose problème, soulève des interrogations, ou pour rester dans le cliché du journaliste fouille-merde, chercher la vérité...
On a trop pris en considération les supposés besoins de rubriques "vie pratique" du lectorat. Je sais bien que le journal doit se vendre. Je critique juste le fait que les journaux, de tout bord, de toute publication, pensent "que les gens veulent ça, ou ça". Et que clairement, tomber dans du sujet magazine, justement, est devenu un classique chez les journalistes. Ce qui n'est pas dépendant de leur volonté mais plus d'un besoin de rapidité. Plusieurs fois, on m'a signifié qu'il fallait que je "pisse de la copie"... L'exigence de rentabilité s'est infiltré malgré les journalistes dans les rédactions.

Écrit par : Julie | 24/11/2008

Julie,

En tant que très récent titulaire de Tourcoing, que tu dénigres en une phrase assassine, écrivant un préjugé stupide et tellement facile (y en faut bien une de pire agence...), je trouve que garder l'anonymat est facile et bas. Que personne ne t'oblige à faire des CDD à la Voix. Moi aussi on m'a appelé le jour même pour un contrat. Et j'ai une femme et un enfant, et je l'ai choisi. Mais j'ai bossé dans quatre autres quotidfiens, et pas un recrute 21 personnes en CDD, encore un fois volontaires et qui savent très bien à quoi s'en tenir.
Quant à ce que tu dénonces, pour l'agence de Tourcoing et autre, je ne reconnais rien. Mais ton entrée en matière à une conf de presse de la CGT, "je suis de votre côté", je trouve ça terrible pour une journaliste. Au même titre que devant le MEDEF, un député, une association. Ne sommes nous pas là pour donner de l'information, pour livrer le plus d'outils possibles aux lecteurs pour qu'il se fasse SON opinion. Tu sembles vouloir faire l'opinion des gens, leur dire ce qu'il faut penser (une grève est plus importante que vos bouchons).
Enfin, si tu avais passé un peu moins de temps à faire ton blog pendant tes heures de boulot, tu aurais peut être parlé avec les gens, proposer un café, t'interesser à leur travail, leur expérience et aller un peu plus au fond des choses. Bon courage pour la suite.

Geoffroy de Saint Gilles

Écrit par : geoffroy | 24/11/2008

Bonsoir "Julie", tu sais le vrai courage, c'est d'aller devant les gens défendre ses idées si elles semblent bafouées, faire preuve de tolérance, d'humanité, de s'intéresser au contexte pour éviter les erreurs, les phrases sorties de leur contexte, de dépasser ses a priori, de s'interdire la mauvaise foi.
Rien de très compliqué pour un journaliste.
Ta rencontre avec la locale de Tourcoing s'est-elle vraiment si mal passée, toi qui n'est jamais intervenue en conférence de rédaction, qui n'étais investie sur aucun sujet ( et pour cause), toi qui avais toute latitude pour proposer des sujets et donc de retourner les choses à ton avantage... Est-il vraiment si facile de cracher dans la soupe après l'avoir bue? Sans doute, en passant par un rot.
Bonne digestion.
Patrick

Écrit par : clara | 24/11/2008

@Geoffroy de Saint Gilles :

"Tu sembles vouloir faire l'opinion des gens, leur dire ce qu'il faut penser (une grève est plus importante que vos bouchons). "

Mais tu n'as pas encore compris qu'en tant que journaliste tu ne seras jamais objectif ? Le fait que tu mettes les bouchons en première page signifie AUSSI que tu veux faire l'opinion des gens (les bouchons sont plus important que vos grèves). Oui, le journaliste est subjectif, et c'est normal. Le tout est de le savoir et de lire différents points de vue. Mais il faut que la presse laisse ces différents points de vue s'exprimer. Le problème de la presse actuelle, c'est qu'elle est trop homogène. La vision qui s'exprime à La voix du nord, Nord éclair, Ouest France ou autres journaux de PQR est globalement la même. Les journalistes viennent des même paysages sociaux culturels, et ne peuvent pas approfondir pour contrer leurs apriori, faute de temps.

Tu dis aussi à Julie que l'anonymat est facile et bas. C'est sur, c'est plus facile qu'à visage découvert, c'est justement pour ça qu'on l'emploie (les journalistes aussi, quand ça les arrange). Mais cet anonymat n'est pas la pour régler des comptes justement, mais pour pouvoir librement exprimer un point de vue sans subir de pression.

"Enfin, si tu avais passé un peu moins de temps à faire ton blog pendant tes heures de boulot, tu aurais peut être parlé avec les gens, proposer un café, t'intéresser à leur travail, leur expérience et aller un peu plus au fond des choses."
C'est d'une bassesse... (vue le nombre de posts peu élevé en plus...)

Écrit par : le renégat | 25/11/2008

Nier le fait que la VDN exploite ses CDD serait vraiment être totalement aveugle, et je parle en connaissance de cause. Je ne donnerai pas mon identité, tout simplement car je n'ai pas envie d'être viré.

Il y a du bon et du moins bon dans cet article. Le bon, c'est qu'il décrit bien comment les CDD sont trimbalés d'une locale à l'autre, pour faire trois jours par ci, quatre jours par là. Il n'y a rien de mieux pour rendre les salariés complètement dociles et dépendants à leurs chefs. Il n'y a rien de tel, aussi, pour les rendre inoffensifs : ce n'est pas en deux semaines ni en trois mois qu'on fait de l'investigation. Or c'est ça, l'info, c'est l'investigation, ce ne sont pas les conférences de presse de tourcoing plage.

Là où je suis néanmoins en désaccord avec l'auteur de cet article, c'est sur le fond de son propos, qui est de dire, finalement, que la VDN n'est pas assez à gauche pour elle. Désolé, mais un journaliste n'a pas à débarquer à une conf de presse d'un syndicat en disant "je suis de votre côté". D'accord, on n'est jamais objectif. On ne le sera jamais. Mais arriver en se désignant clairement d'un côté, c'est décrédibilisant. Il faut faire son boulot, interroger toutes les parties sur un sujet, et tenter de respecter au mieux le principe du contradictoire.

Il y a moyen de faire quand même son boulot de manière honnête dans ce journal, ne soyons pas manichéen. Mais la précarité des CDD ne facilite pas les choses. Ce sont effectivement des "petits soldats", corvéables et malléables à merci.

Et après, la VDN se permet de donner des leçons d'humanisme. Pouah.

Écrit par : un journaleux énervé | 27/11/2008

Bonjour,
alors, j'étais super énervée en lisant votre article, mais les commentaires des autres ayant déjà été assassins globalement, je suis finalement soulagée de voir que votre opinion est jugée infondée par la plupart.

pour vous situer un peu pourquoi je me permets d'écrire ce commentaire :
- je suis étudiante en journalisme au CFJ (... "les petits soldats"..eh oui... encore un mec qui crache dans la soupe qui lui a permis d'arriver au Diplo). Etudiante c'est à dire, en pleine réflexion sur le métier, en plein désenchantement, et last but not least, en pleine précarité (pour vous donner une idée, en école, le CDD est considéré comme le top du top : on n'envisage même pas possibilité des CDI avant dix ans. Là, on pige gratuitement, ou pour 20 euros le feuillet). Je crois que vous et moi n'avons même pas la même définition du mot précarité...).
- j'ai fait cet été un stage de deux mois à la voix du nord (locales de béthune et lens). Donc je connais un peu la maison.

Voilà pourquoi je me permets de vous répondre ceci :

1 -- ça a été dit, redit, mais je le répète : débarquer pour couvrir un mouvement social en disant "je suis de votre côté" c'est juste le truc le plus aberrant que j'aie jamais entendu. On ne vous empêche pas de le penser, mais le dire c'est très exactement le genre de trucs qui a conduit la profession à être si discréditée. Grandiose. Quand vous interviewez des politiques, vous leur dites si vous comptez voter pour eux aussi?

2 -- précarité à la VDN ? vous avez dit précarité ? Je crois qu'en fait le problème c'est que vous êtes sur une autre planète. Presse Océan licencie, Paris Normandie part en sucette, Libé a réduit ses effectifs par deux y'a un an... J'ai pu parler à pas mal de journalistes de la VDN qui étaient dans d'autres journaux de PQR auparavant et qui m'expliquaient à quel point la VDN c'est le grand luxe. Donc, attention, tout est relatif. Quant au fait d'être trimbalé d'agence en agence : de façon générale, quand on choisit ce métier, c'est qu'on aime bouger, voir, changer. Pas le train-train. Et on ne choisit pas ce métier pour la fiche de paie non plus, au cas où vous n'auriez pas remarqué. Vous vous êtes peut-être trompée de métier...

3 -- Dans les deux agences de la VDN où j'ai pu aller (et j'ai deux amis qui étaient à Lille et l'autre à Arras et qui disent la même chose) j'ai eu une grande liberté : et sur le choix de mes sujets (on ne m'a jamais obligée à faire quoi que ce soit), et sur la façon de les traiter. Interrogez-vous donc sur le pourquoi du comment : peut-être vos propositions n'étaient pas pertinentes (je dis peut-être : je n'y étais pas), peut-être ne s'inscrivaient-elles pas dans la ligne éditoriale de la VDN (et dans ce cas, vous aurez le même problème dans tous les canards).

bonne journée. et bon courage. Mais je crois vraiment que là - et je ne remets pas en cause vos dons d'écriture et de compassion pour l'humain - vous vous êtes gourée de métier.

yasmina

Écrit par : yguerda | 28/11/2008

Je ne pensais pas déclencher une telle vague de commentaires....qu'ils soient téléphoniques ou provenant du web.

J'enregistre les infos et même si la moitié me font rire, le passage de mon article "je suis de votre côté" a fait réagir bien plus que les autres. Là dessus, on peut me critiquer. Mais la longueur de l'article ne me permettait pas de nuancer ce point (vous savez, quand vous avez 5000 signes et que pour raconter il vous en faudrait 30000...bref). J'ai mal tourné mon texte et coupé dans le lard une réflexion qui devient donc insipide et sans réel but. Donc acte.

"la Voix du Nord embauche". Argument imparable. Pas de critiques sur les boîtes qui sauvent les petits étudiants en journalisme du chômage. Chuuut.

Le journalisme va mal, là dessus tout le monde s'entend. Mais l'inactivité et le "motus et bouche cousue", franchement, ça va pas l'aider. J'avoue mon naturel à tout critiquer n'a sans doute pas aider mon intégration dans un journal, qui, finalement, aurait pu me plaire, si j'avais fait l'effort de.
Mais c'est pas parce qu'ailleurs c'est pire et que beaucoup acceptent, que la situation doit perdurer.

Ah et une dernière chose. Qui me touche parce qu'au coeur du questionnement de "qu'est ce que c'est un journaliste-potentiellement-bon ?" Le premier qui touche à Ruru, je lui fait manger son stylo.

Écrit par : Julie | 29/11/2008

"je suis étudiante en journalisme au CFJ (... "les petits soldats"..eh oui... encore un mec qui crache dans la soupe qui lui a permis d'arriver au Diplo)"

C'est stupide ce que tu dis, yasmina... d'une profonde ignorance.

Écrit par : Mugen | 29/11/2008

La plupart des commentaires sont minables. Le "je suis de votre côté", c'était peut-être pour rétablir l'équilibre : pas étonnant, vu la ligne de La Voix, que les cheminots soient méfiants... Mais le reste ? le fait divers qui arrive en une, vous n'avez rien à dire là-dessus ?
Franchement, La Voix, et même s'il arrive que par moment un papier soit intéressant, ça se lit en 5 min le matin, puisque rempli de pubs, de résultats des courses, télé, faits divers, sports, bourse...
Et puis merde, il y a des faits très parlant : avec les clauses, 1 journaliste sur 3 s'est taillé, ca parait significatif sur la qualité du journal, la liberté des journalistes, les conditions de travail, etc, non ??

Écrit par : bipbip | 29/11/2008

Je retiens juste un point, moi le simple (non) lecteur de la presse régionale : le fait qu'on développe à outrance les simples faits divers.
Pourquoi ? Parce que le bon peuple aime ça ? Pas seulement, je crois que la presse régionale est trop liée aux affaires régionales, à ses élus, à ses entrepreneurs et que du coup il lui devient impossible de dénoncer quoi ce que soit.
Je vis en Corse, une région plutôt tourmentée et où règne une hypocrisie lénifiante - la preuve : le quotidien régional ne traite QUE les faits divers. Pourtant il y a de la polémique dans l'air à tous les coins de rue, alors pourquoi s'en tenir à des articles dénués de tout intérêt ?

Pas de vagues, pas de vagues...

Écrit par : NomuInI | 29/11/2008

Non mais faut arrêter de délirer. Ce qu'il faut savoir, c'est que 90 % des lecteurs de PQR n'ont pas inventé la poudre. Alors ils adooooorent les faits divers, parce que ça les intéresse de savoir qui s est tué sur la route à côté de chez eux, où s'ils avaient raison de soupçonner leur voisin de battre leur femme. Et c'est tout. Enlevez les faits divers d un journal de PQR, vous allez voir la tronche des ventes. Donc les mettre en une, c est plutôt normal, non ? Faut bien manger.

En se rendant compte que le lecteur n est pas très fin, on arrête donc de faire de grosses enquêtes fouillées, parce que ça ne sert à rien, elles ne seront pas lues. Si ça arrive encore, c est parce que c est toujours bon pour l image de marque du journal dans le milieu (et aussi parce qu il reste quelques journalistes motivés). Point barre.

Donc julie, il faut s y faire : le social, les gens s en foutent, sutout quand il n est pas traité objectivement.

"Franchement, La Voix, et même s'il arrive que par moment un papier soit intéressant, ça se lit en 5 min le matin, puisque rempli de pubs, de résultats des courses, télé, faits divers, sports, bourse..."

Bah oui ! Mais c est ça que les gens aiment ! tu crois quoi, qu ils font ça au hasard ? Enlève les courses, c est pareil, le journal se casse la gueule ! C est triste mais c est comme ça !

Écrit par : Micheline | 29/11/2008

Salut toi, je suis pas journaleux, je ne vis pas dans le nord, je lis même pas la pqr (et ce que je viens de lire me donne pas trop envie), je tombe sur ton blog par hasard - lien depuis rezo.net - par contre tes (ex) petits camarades me semble aussi lèche cul que sale cons... tu racontes tes emmerdes, tes espoirs déçus, ta vie professionnel quoi... et "ils" ("elles") te répondent que c'est bien fait pour ta gueule, que t'avais qu'à la boucler, et j'en passe...
Comme dirais l'autre "Tu vois quand j'pense à (eux), j'aime que rien ne se perde".
A + et bon courage...
PS : j'ai particulièrement aimé le "si tu avais passé un peu moins de temps à faire ton blog pendant tes heures de boulot..." très sain, ça, comme approche...

Écrit par : Frédéric | 30/11/2008

je comprends mieux pourquoi quand je lis la Voix du Nord j'ai l'impression que l'on me prend pour un abruti (consangin??) "90 % des lecteurs de PQR n'ont pas inventé la poudre" merci micheline de me le rappeler..
Quant aux relations entre la presse régionale et les syndicats, c'est vrai que les syndicats se méfient de la presse régionale, dernièrement dans une entreprise de l'Aisne, une grève ordinaire suite à une délocalisation pour faire encore plus de profits (190 licenciements), tourna à l'affrontement entre les salariés et la direction. Attirés par la fumée des palettes et des pneus en flammes, les journalistes locaux dont certainement des CDD de la Voix du Nord trouvant que les photos ne seraient pas assez vendeuses, attisèrent le feu avec des propos du genre "allez les gars ne vous laissez pas faire, vos délégués sont en train de vous enc...er, vous allez vous faire bais.. etc etc ".(Faut bien manger dixit Micheline )
Courage et continue ton métier de journaliste, dans le contexte actuel, toute vérité et bonne à dire.

Écrit par : christian | 30/11/2008

"Donc julie, il faut s y faire : le social, les gens s en foutent, surtout quand il n est pas traité objectivement."
"Bah oui ! Mais c est ça que les gens aiment ! tu crois quoi, qu'ils font ça au hasard ? Enlève les courses, c est pareil, le journal se casse la gueule ! C est triste mais c est comme ça !"

Avec des remarques comme ça, on comprend mieux l'état moribond de notre démocratie. Et c'est pas toi qui va relever le niveau.

Continuons à lire de la merde, à manger de la merde... les gens n'en veulent et sont cons (merci pour ta condescendance au passage). Regardez ! les multinationales de l'information ou de la bouffe agro-industrielle font des profits. C'est donc que c'est bien !

Écrit par : tomjo | 30/11/2008

Quand on lit Yasmina et les journalistes de la VDN qui répondent, on se dit que c'est pas demain la veille qu'on aura des journaux intéressants. Ces gens ne réalisent même plus à quel point ils écrivent de la merde, se cachant derrière " ce que veut le lecteur". Dans cette optique, le meilleur journal télévisé qui soit, c'est celui de JP Pernault. c'est sans doute ce qu'on apprend au CFJ.
Le problème de ce métier, c'est que les meilleurs, comme l'auteure de l'article, partent, et que restent les plus dociles, les moins dérangeants.
Qu'une débutant comme Yasmina puisse écrire: "Dans les deux agences de la VDN où j'ai pu aller j'ai eu une grande liberté : et sur le choix de mes sujets (on ne m'a jamais obligée à faire quoi que ce soit), et sur la façon de les traiter. Interrogez-vous donc sur le pourquoi du comment : peut-être vos propositions n'étaient pas pertinentes, peut-être ne s'inscrivaient-elles pas dans la ligne éditoriale de la VDN (et dans ce cas, vous aurez le même problème dans tous les canards). Mais je crois vraiment que là vous vous êtes gourée de métier".
On marche sur la tête C'est toi yasmina qui devrait te demander comment il est possible que tu n'aies à ce point pu déranger personne, comment tu peux à ce point rentrer dans le moule. Comment peux tu ne pas te révolter sur cette manière de faire l'information?
On vomit devant tant de soumission aussi bêtement revendiquée. C'est sûr, toi tu es vraiment faite pour ce métier, bon "petit soldat".

Écrit par : un atterré | 30/11/2008

J'ajoute à propose de ceci:
"les petits soldats"..eh oui... encore un mec qui crache dans la soupe qui lui a permis d'arriver au Diplo",
que cette pauvre jeune Yasmina est incapable de concevoir qu'on puisse faire quelque chose autrement que par intérêt, ce qui en dit plus sur elle que sur Ruffin, qui, grâce à ce qui peut était bien du courage (puisque ce faisant, il se grillait auprès de la quasi-totalité de la profession), écrit désormais plus près de ce qu'il veut que les lèche-culs sortis du CFJ qui se prêtent à tout pour devenir des Pujadas (l'Arthur London de notre temps)

Écrit par : l'énervé | 30/11/2008

Le journalisme est mort, vive le journalisme!


Alors voilà c'est là où on en est? Quand une personne déçue par la toute puissante VDN ose manifester son mécontentement (avec certes une maladresse mais douze vérités au moins), tous les petits soldats journalistiques marchent comme un seul homme sur la contestataire? Au moins on peut saluer l'esprit d'équipe!

Alors selon vous, professionnels du journalisme, le fait divers roi de la une c'est la faute du lecteur?
Nous sommes trop stupides pour avoir envie d'autre chose que du morbide ou du mignon? (cf l'accident et le petit chat), vous êtes vraiment forts, vous faîtes de la merde et il faudrait que ce soit de notre faute en plus!! Chapeau bas messieurs dames! Mais laissez moi vous dire une chose:
Il m'est déjà arrivé de lire votre torchon, et chaque fois j'en suis un peu plus atterrée; les très nombreuses fautes d'orthographe ou de grammaire, les formules foireuses, les à priori martelés, les articles on ne peut plus bâclés et parfois incompréhensibles (si si il y en a pléthore!!!), votre système est défaillant, et vous êtes fautifs! Ne vous méprenez pas!!
Alors s'il vous plaît arrêtez de vous acharner sur "Julie" (vu vos réactions d'ailleurs elle a vraiment bien fait de cacher son identité, sinon vous l'auriez sûrement déjà grillée dans le réseau PQR, n'est ce pas?) et au lieu de lâcher des post haineux et honteux sur ce blog, RETOURNEZ A VOTRE TRAVAIL.
C'est bientôt les fêtes, alors tâchez de ne pas vous faire virer juste avant et surtout n'oubliez pas votre article sur le père noël!!!!


Courage Julie!


Leïa

Écrit par : Leïa | 01/12/2008

Merci pour tous ces commentaires contradictoires, parfois un peu trop péremptoires mais, ça fait du bien. Il faut se rendre à l'évidence, si le journalisme fait rêver, la profession va mal. Trop. Dur d'en faire débat ici. Mais c'est un début.

En ce qui concerne l'anonymat, lisez la brique, vous saurez que je n'y ai aucunement caché mon identité (et achetez la pour faire vivre une autre presse). J'utilise un pseudo ici parce que j'ai commencé à écrire sur ce blog avec ce prénom. Ni plus ni moins. Et que ce pseudo me ramène à un idéal du journalisme. Qui n'existe pas (ou dans la tête de Malaussène). Le plus agréable est sans doute de s'y essayer...

En écrivant cet article, j'ai laissé pas mal d'infos sur le côté. Je pense en refaire un post dans les jours prochains. Ainsi qu'un papier sur la réaction téléphonique du chef de la rédaction de Calais. Ça vaut son pesant d'or....

Écrit par : Julie | 01/12/2008

Euh, l'énervé, "Pujuadas qui se prend pour Arthur London", ce serait pas plutôt pour Albert Londres que tu voulais dire ?
J'dis ça, j'dis rien …

Signé : un retraité passé par la VDN (en stage d'été) pendant ses études à l'ESJ. Ça devait être en 65, ce qui ne nous rajeunit pas, hein !

Écrit par : B.L. | 02/12/2008

Je voudrais revenir sur ce que certains ont dit au sujet des faits-divers. ça me fait rire, cet élitisme : les mêmes qui nous disent qu'il ne faut pas prendre les gens pour des cons nous expliquent qu'il faudrait faire des supers enquêtes et que ainsi, les gens se remettraient à acheter le journal.

Mais vous rêvez!

Bien sûr qu'il faut faire un travail d'investigation. Mais les gens, ils veulent du sport, du cul et du faits-divers. C'est triste, mais c'est ainsi.

Alors tous les donneurs de leçons, qui n'achètent jamais le journal et s'étonnent qu'il coule lentement mais sûrement à une mort certaine, et en viennent même à blâmer ceux qui le rédigent, réfléchissez-y : un bon journal, c'est un journal qui ne se vend pas. Point barre.

Écrit par : un journaleux énervé | 02/12/2008

Ah ! Ces salauds de potentiels lecteurs qui n'aiment pas ce qu'on fait et qui donc font couler notre journal. On aura tout lu !

Je pense qu'un journal de qualité peut exister dans le nord. Je pense que la Voix du nord s'est endormie sur un type de lectorat qui est intéressé par les services annexes qu'offre le journal (résultats des courses, petites annonces, météo etc) qui ne sont pas mauvais en eux-même, mais qui ne sont pas un travail journalistique. Ces services doivent, en principe, permettre de financer du JOURNALISME et non justifier un pantouflage qui ressemble de plus en plus à du Groland au premier degré.

Il se passe énormément de choses dans le nord, c'est une région qui a cette chance (beaucoup d'habitants et de la jeunesse). Il y a aussi pas mal de problèmes. Pourquoi en parle-t-on si peut finalement dans nos journaux ?

Et pour ceux qui disent qu'on prône un journalisme d'élitisme, lisez les articles de Ruffin. Ils se passent souvent en Picardie (pas si réputée que ça pour le nombre de choses qui s'y passent mais qui est sa région d'origine). Il arrive à partir d'un fait local, proche des gens, à faire comprendre le pourquoi du comment tout en le raccrochant à la politique nationale et internationale.

Tiens au fait, pourquoi vous ne bossez pas dans des journaux de cul, puisque c'est ça que "les gens veulent" ? Parce que ce n'est pas du bon journalisme ? Je croyais que vous bossiez seulement pour donner aux lecteurs "ce qu'ils veulent"... Vous voyez que vous avez une certaine exigence pour vos lecteurs ;)

Écrit par : le renégat | 02/12/2008

Je ne dis pas que c'est bien, je suis le premier à regretter que nos articles "sérieux" ou "intéressants " suscitent moins de réactions ou de ventes que les articles bas de niveau; je suis aussi de ceux qui pensent que ce n'est pas en donnant à manger de la m... qu'on fait grandir les gens.

Mais je dis juste qu'il y a un hiatus entre ce qu'on demande à un journal et ce qu'il peut faire réellement. On demande à la fois à un journal de faire l'éducation des gens, d'être de qualité, d'avoir une "éthique" et en même temps, d'être une entreprise rentable. Je crois que c'est un petit peu en opposition. Carce qui paie, ce qui vend, c'est justement ce qui n'est pas éthique. Or le souci, c'est que moins les gens achètent le canard, moins le contenu est intéressant puisqu'il faut couper dans les effectifs.

Ce que je voulais dire aussi, c'est que vous vous trompez en croyant que si demain la Voix du Nord devenait super intéressante avec beaucoup de fond, elle aurait plus de succès.

Le sjorunalistes ont une responsabiltié qu'il ne faut pas nier,mais la réalité, c'est aussi que les jorunaux sont en concurrence avec le web, les gratuits, la télé, la radio, que les gens ont très peu de temps pour lire et votn à l'essentiel.

Écrit par : un journaleux énervé | 04/12/2008

Franchement, je trouve ce blog déplorable.

Sous couvert de dénoncer les errances de La Voix du Nord, on note surtout une grande frustration. Pour être journaliste, déjà, arriver en réunion syndicale en disant "je suis de votre côté, je vous mets dans le journal" est consternant.

Tu pensais devenir journaliste à la Tintin ou quoi ? Tu t'es trompée de média alors. Tu te trompes aussi de cible. Tu aurais dû plus t'investir dans la vie des agences, bosser, prouver que tu avais de la valeur, travailler sans relâche. C'est ainsi qu'on distingue les jeunes journalistes qui valent le coup qu'on les embauche. Point final.


Au niveau recrutement sache que La Voix a embauché comme aucun autre journal de PQR a embauché. Les objectifs de vente semblent atteints et tous seront pérénisés, sans exception. Tes informations sont erronées. Les journalistes, que tu dis de droite, on d'ailleurs préféré s'asseoir sur une augmentation de salaire pour privilégier l'emploi dans la région.

Je comprends que La Voix du Nord ne t'ai pas gardée. Tu n'as aucune expérience, des préjugés idiots et infondés sur la presse régionale, tu manques de respect aux journalistes de La Voix du Nord dont je fais partie.

Bon vent au pays des Bisounours.

Écrit par : sam | 05/12/2008

Si la Voix du Nord n'embauchait que des gens compétents cela se saurait...
Il est amusant de constater que ceux qui défendent bec et ongles les pseudos embauches pour une durée de 18 mois bien précaire ont les mêmes arguments que ceux de la direction du journal. Ils se disent journalistes de base ? De là à penser que des arrangements... Mais ce serait du mauvais esprit ne reponsant sur aucune preuve tangible.
Cependant, il est vrai mademoiselle que certaines de vos réflexions sur le métier sont en décalage total avec les principes d'honnêteté (pas d'objectivité, cela n'existe pas) préconisés pour les exercices journalistiques.
Quant aux nouveaux télétubbies contents de leur petit sort, du genre , avec de tels raisonnements il est probable que jamais des luttes sociales n'auraient abouti à un quelconque progrès.
Allez, soyez contents, travaillez le dimanche sans un rond de plus, bousillez vos vies sociales et familiales. Faites tout à la place des autres, télé, radio, internet, de toute manière on se fiche de la qualité de votre travail.
C'est tout bon coco, le bénéf c'est pas pour toi enfin sauf si tu parviens un jour en haut de l'échelle... Le problème c'est qu'il n'y aura peut-être plus personne derrière à ce moment là.

Écrit par : l'autre | 07/12/2008

Il est assez étonnant de remarquer que seuls des journalistes et des futur(e)s journalistes s'offusquent de ce texte.

Principalement parce que l'auteur a fait "l'erreur" de dire qu'elle était "dans le camp" de la CGT.

Mais messieurs-dames les outré(e)s journalistes, comment voulez-vous que les militants syndicaux (hormis peut-être ceux de la CFDT :p) puissent avoir confiance dans vos journaux et faire confiance aux journalistes quand les reportages sur leurs mouvements sociaux se soldent toujours par des mots tels que "prise d'otage", "grogne", "corporatismes", et où les journalistes ne parlent plus de droit de grève, mais de "droit de paralyser" ? Bien entendu, ces jolis noms d'oiseaux ne sont jamais utilisés quand ce sont des syndicats de journalistes qui font grève.

Vous imaginez en Une du Monde : "France Inter prend en otage les usagers des informations" avec le chapeau qui va bien "La grogne de cette profession traditionnellement corporatiste amène encore la paralysie de l'information" ?
Non hein ?

De mon côté, ce que je vois quand j'ouvre un journal "mainstream", c'est que les annonces gouvernementales et les communiqués de presse des entreprises sont toujours bien repris, sans comparer leurs auteurs à des animaux ou des terroristes.
On a presque l'impression que les journalistes qui les reprennent sont "du côté" des puissants, sans avoir besoin de leur dire, puisque ces puissants le savent bien.

L'objectivité journalistique. Ah ! la bonne blague.

Je crois que je recommencerais à acheter des quotidiens quand les journalistes feront des vrais investigations (pas des recherches Google), arrêteront les micro-trottoir, sauront de quoi ils parlent quand ils "couvrent" un sujet et arrêteront de se ruer sur le premier fait divers sans chercher à savoir s'il est vrai ou pas (Ah ! l'agression du RER D, que du bonheur).

Bref, il y a du boulot.

Mais bon, je pense que c'est pas demain la veille quand on voit la propension des journalistes à penser que la cause de la baisse du lectorat, c'est internet, la bêtise de leurs lecteurs ou leur besoin d'entendre parler de cul, de sport et du fait divers.

Il n'y a bien que des journalistes pour s'étonner de la baisse des ventes de leur journaux.

Merci à Julie de montrer qu'ils ne sont pas tous à ranger dans le même panier.
Merci aux journalistes qui sont intervenus ici de montrer que globalement, nous les lecteurs, on a raison de ne plus vous lire.

De mon côté, je vais retourner à mes journaux sans pub où des individus pas forcément encartés "journalistes" font mieux votre travail que vous.

Écrit par : Etonnish nein ? | 08/12/2008

Bonjour Julie,

Je tiens à te remercier beaucoup pour ta franchise. Et de nous dévoiler un peu l'envers du décors de ces médias manipulés. Ce que je ne comprenais pas, c'est que l'on dise que les journalistes sont majoritairement socialistes, et pourtant du côté du pouvoir...
Maintenant je comprends d'avantage. Je voulais également te dire qu'heureusement, il y a d'autres journaux alternatifs, qui fonctionnent de manière participative et autogérée et qui eux, permettent de nous donner la vraie information, pas celle "pré mâché" et racoleuse. Quelques exemples:
CQFD
Le Monde Libertaire
Le Plan B
La Décroissance
Alors pourquoi ne pourrais tu pas utiliser ton expérience de 5 ans d'ecole de journalisme pour ces journaux n'étant pas financés par la Pub.

Merci encore une fois pour nous ouvrir les yeux sur la réalité du monde de la presse capitaliste!

Carole

Écrit par : Carole | 09/12/2008

@ Carole,

Merci de ces encouragements.
Par contre, je n'ai pas fait cinq ans d'école. Je n'ai fait qu'une seule année de licence pro de journalisme. Et pas cinq ans à payer pour un diplôme qui apprend les arcanes de la commercialisation d'un journal et de "comment qu'on fait un micro trot' ". Une année gratuite, parce que publique, à comprendre ce qu'est un journaliste. Vive la socio au passage.

Sinon, je connais bien ces journaux, j'ai travaillé sur un mémoire sur la presse dite "alternative" et ayant fait un stage à Fakir (proche du Plan B), j'ai quelque peu touché du doigt ces créations antipubesques. Sinon, il existe sur Lille une presse "alter" également. Presse qui ne demande qu'à s'agrandir...!

Écrit par : Julie | 10/12/2008

Bienvenue dans la réalité du monde du travail et de la PQR.
Cette presse se porte mal et beaucoup trop de salariés de cette branche d'activité ont perdu leur emploi ces dernières années.
La Voix du Nord fait vivre 1000 salariés. Plusieurs centaines de personnes arrondissent leurs fins de mois en collaborant de près ou de loin avec ce journal (correspondants locaux de presse, dépositaires, vendeurs-colporteurs...)
Cette entreprise de PQR est une des rares qui fait des bénéfices.
Faut-il mettre en péril tous ces emplois en changeant de ligne éditoriale pour faire plaisir à quelques journalistes bobos ? Cela devrait aller à l'encontre de vos idées, vous qui avez des opinions politiques de gauche.
Rappel important : les pages les plus lues de la PQR sont les pages de résultats de courses hippiques et la rubrique nécrologie…
Je vous conseille donc de vous orienter vers d'autres médias ou vous vous épanouirez professionnellement.

Écrit par : PiedsSurTerre | 10/12/2008

@Pieds sur terre

Je n'envisageais pas d'y remettre les pieds rassurez-vous.
"Arrondir ses fins de mois" c'est bien le mot pour les correspondants qui ont un statut encore plus craignos que les CDD et pigistes...ils remplissent les pages du journal et sont payés au lance-pierre, une misère.

Mais comme d'habitude, le seul argument qu'on me sort c'est "mais merde la Voix du Nord fait vivre du monde alors qu'on ne la critique pas". Irrecevable pour moi. Je suis désolée.

Et en ce qui concerne la ligne éditoriale mollasse, pas de souci qu'ils la conservent, après tout, si les rédacteurs se basent sur des études du siècle dernier (combien de fois on me l'a sorti le PMU et les nécro, une bonne blague à chaque fois. Est-ce que Libé se vend grâce à ses annonces de rencontres ? Alors que je suis presque sûre que c'est ce qui est le plus lu. Le plus lu, ne veut pas dire le seul texte lu...).

Écrit par : Julie | 10/12/2008

Tu modères quelques posts? Peut-être que notre dernier message était trop agressif...

Écrit par : Mugen | 10/12/2008

« Je n'envisageais pas d'y remettre les pieds rassurez-vous. »
> C’est mieux pour tout le monde.

« Mais comme d'habitude, le seul argument qu'on me sort c'est "mais merde la Voix du Nord fait vivre du monde alors qu'on ne la critique pas". Irrecevable pour moi. Je suis désolée ».
> Je n'ai jamais dit que l'on ne pouvait pas critiquer La Voix du Nord, au contraire, il y a sans doute pas mal de chose à dire sur son fonctionnement tout comme la majorité des grosses entreprises. Mais comme je le disais dans ma première phrase : "Bienvenue dans la réalité du monde du travail et de la PQR.", malheureusement c'est la réalité de notre monde régit par l'économie. La VDN est une entreprise commerciale qui doit pour vivre vendre des journaux ! Les journalistes de la PQR ne sont pas là pour faire la révolution.

«…les rédacteurs se basent sur des études du siècle dernier (combien de fois on me l'a sorti le PMU et les nécro, une bonne blague à chaque fois. Est-ce que Libé se vend grâce à ses annonces de rencontres ? Alors que je suis presque sûre que c'est ce qui est le plus lu. Le plus lu, ne veut pas dire le seul texte lu...). »
> Si la VDN supprime ses pages nécros et PMU, c’est en centaine (par semaine) que se compteront le nombre de désabonnements. Procurez-vous des études récentes.
Par contre il est inutile de comparer Libé et la VDN, on est vraiment pas sur le même lectorat.

Écrit par : PiedsSurTerre | 10/12/2008

@Mugen
Non je ne modère pas...souci technique peut-être alors...
Agressif comment...? Pas trop quand même ?? !!

Sinon attention, je crois que les "mots crus", pour le dire bien, bloquent automatiquement l'envoi du message.

Écrit par : Julie | 10/12/2008

@PiedsSurTerre

Il n'est pas tant question de supprimer ces pages que d'améliorer le niveau des autres. Si on colle du faits divers ailleurs, pourquoi pas...Mais je doute que ce soit apporter de la qualité.
Je suis persuadée qu'un bon journal, avec des pages PMU, des enquêtes, des dossier complets (et pourquoi pas, compliqués) et de la nécro et des annonces peut exister.
Comme un chocolat d'avent (vive Noël) de bonnes pages pratiques enrobées de papiers de qualité.

Écrit par : Julie | 10/12/2008

Bon, votre post, Julie, a le mérite de créer un débat sur le journalisme lui-même. Et c'est déjà pas mal. Vrai que c'est désolant de constater qu'il y a un tel écart entre ce que pensent les journalistes-et-journalistes-en-devenir, et ce que pensent les lecteurs.

Je reste persuadée que votre expérience de la VDN a été une mauvaise expérience, parce que vous n'êtes pas tombée sur les bonnes locales, et parce que vous vous attendiez à un métier stable et sûr (ce qui est aujourd'hui, un doux rêve, malheureusement).

@ un atterré : les préjugés sur les écoles de journalisme sont légitimes et de bonne guerre. Mais ils restent des préjugés. Je pense qu'il faut autant se méfier des gens qui disent que "tout va bien" que des gens qui disent "en coulisses, c'est la merde, et je vais vous faire des révélations". Ce que fait Ruffin dans son livre. Quant à me reprocher d'avoir écrit des choses lisses et non-dérangeantes lorsque j'étais à la VDN, vous avez tort : la rédaction a accepté mes papiers parce qu'elle les jugeait rigoureux, pas parce qu'ils étaient lisses. Au contraire : mon red chef m'a poussée souvent à aller chercher la petite bête qui dérange.
Que vous le croyiez ou non, j'ai écrit un certain nombre de papiers qui m'ont valu des coups de fils, des fax et des courriers des personnes qu'ils dérangeaient. Je n'en fais pas ma fierté, mais j'estime que c'est une preuve du fait que la VDN (et moi en l'occurence) ne cherche pas forcément à arrondir les angles. Procès d'intention.

Et non, Pernault est le pire truc qui soit arrivé au journalisme. Donc là aussi, vous me faites un procès d'intention. Je ne pense pas que ce que le lecteur veut doive dicter notre façon de travailler. Je pense simplement qu'on ne peut pas travailler sans prendre ce facteur en compte. Ce serait suicidaire.

Écrit par : yguerda | 17/12/2008

@yguerda

Le débat est utile je vous l'accorde, mais comme il n'est pas fait dans les rédactions (par manque de temps, et parce qu'on est en entreprise...on ne critique pas son fonctionnement...) il est plutôt stérile... Et je sais que c'est cracher dans le vent que de poster ou publier des articles comme les miens, mais que voulez-vous... rester sans rien faire je pouvais pas.

Bref, pour ce qui est de François Ruffin, relisez son bouquin. Vous verrez qu'il dit à plusieurs reprises que le système en lui même se tire une balle dans le pied. Il ne crache pas dans la soupe. Il a clairement acquis des techniques par le CFPJ, il le sait. Je l'ai côtoyé et objectivement (ah ah je déconne...subjectivement) il n'a rien contre les profs (ce qu'il répète dans son livre) et ne dit pas que rien ne va (voyez les témoignages d'élèves qui vont dans un sens positif).

François Ruffin fait parti d'un microcosme de journalistes précaires depuis leurs débuts et qui produisent un travail d'une qualité quasi-irréprochable.

Pour ce qui est de la vdn, je critique moins les journalistes en eux-mêmes que le "système vdn". Oui il faut vendre, on le sait....mais le journal fonctionne comme une entreprise et la presse ne peut se vendre efficacement si on pense en terme de clientèle. Quand je dis "pré-mâché" c'est bien parce qu'on me l'a jeté a la figure !
Je ne voulais pas rester à la Voix du Nord, j'y allais vraiment pour l'alimentaire, comme le boulot que je fais actuellement, mais je ne m'attendais pas à tout ça...

Écrit par : Julie | 17/12/2008

Je ne peux résister à un petit commentaire en ouvrant la Voix ce matin : En UNE, un encouragement très prononcé à aller voir Louise Michel (dont les auteurs sont passés hier chez Mermet), en page 4, un plaidoyer pour que l'on prennne soin de la nature, en page 6 qui hébergent ces satanés faits divers : trois quart de pages sur le suicide d'un ouvrier de Vallourec, puis, page 9, en plus petit, la manifestation de colère de clients de Anchan Leers qui s'est foutu deleur gueule. Et je n'entre pas dans ce qu'il peut y avoir dans les pages locales... Ch'ais pas moi, mais j'ai l'impression que ça demonte tout ce qui a été dit avant...

Écrit par : duconcret | 24/12/2008

@ Mr Cret

Si vous aviez bien lu mon article, justement, je parle des infos locales. Dommage vous auriez du entrer dans ces pages et me dire ce qu'il en sortait.
Et heureusement que la Voix plébiscite ce super film, manquerait plus que ça !
Joyeux Noël !

Écrit par : Julie | 24/12/2008

C'est hallucinant ta mauvaise fois. Tu sais très bien qu'il y a 24 éditions à la Voix. Et les pages qui ont le plus d'audience sont les pages régionales. Toi, tu as collaboré à l'info locale, mais dis moi pas que tu ne t'interesses qu'au bout de ton nez, ça m'étonnerait ! Alors quand la Voix parle des enfants à la rue porte de Valenciennes, c'est normal. Quand elle met en une un film comme lOuise, c'est normal. Quand elle porte haut et fort un problème dans une grosse boîte, c'est normal. Là, franchement, j'ai du mal à suivre.
Les abrutis qui voient des manipulations dans tous les coins, que pensent-ils les nombreux articles sur les fauteuils de Conforama, sur Auchan ce matin...
Et puis je ne comprends pas le problème des fait divers. Quand on parle d'un homme mort, sous curatelle, qu'on a laissé trois mois pourrir sans s'occuper de lui: c'est quoi ? du social ou du voyeurisme. Quand on parle d'une fille, bourrée, écrivant un texto, qui roule sur deux personnes et les tue : c'est quoi ? Quand on donne la parole à des locataires HLM qui n'en peuvent plus d'avoir des fuites, des murs qui tombent, des ascenseurs qui merdent : c'est quoi : du social ou du populisme ? Si tu veux vraiment aller à la rencontre des gens, faire une maraude pour parler avec les bénévoles et ceux dans la rue, tu peux le faire. Tout le problème est de savoir si l'on veut faire de l'iinformation ou véhiculer des idées. Si l'on veut donner des outils ou fabriquer soi-même. c'est important qu'il y ait les deux. Rien ne sert de les opposer.

Écrit par : ducont | 24/12/2008

@ Duconcret (désolé pour avant mais c'était bougrement tentant)

Il y a des faits divers qui valent le coup d'être mis en avant. Le souci, c'est que dans certaines agences, c'est la course au "crade". A Calais, le Nord Littoral met une telle pression à la Voix qu'elle se sent parfois acculée et obligée de suivre. Le Nord Littoral se vend. La voix moins. Faut-il pourtant en conclure que les gens aiment le faits div' ? De mon point de vue, non !
Bien sûr que la Voix a des bons côtés. Tout n'est pas à jeter loin de là. Mais mon article parlait surtout des méthodes de management qu'on applique à de jeunes pousses du journal, qui en sortent dénués de tout sens critique, parce que ça fait mauvais genre.
Sinon quand tu dis que "c'est normal", permet moi de nuancer, ça "devrait être normal". Mais franchement, quand il n'y a pas d'actu sociale, la Voix n'en cherche pas.
Demain, le journal traitera des 3 Suisses. C'est un coup porté à la région, mais les syndics' de la redoute avait déjà dit que les 3 Suisses seraient, comme eux, dans la merde sous peu... Le plus gros souci de la Voix n'est pas dans ce qu'elle diffuse, mais dans ce qu'elle peut occulter. Même si en cette période de grosse crise sociale, elle relaie globalement bien l'info.

Écrit par : Julie | 26/12/2008

Quand on lit ce qu'on lit et qu'on entend ce qu'on entend, on se dit que les Etats Généraux de la Presse ne sont pas prêts de régler le problème des médias.
Sauf à ce que cela débouche sur un refinancement sur les deniers de l'Etat en contrepartie d'une reconcentration au bénéfice de la Sarkozye et ses affidés. Et l'on pourra poursuivre vers une presse toujours plus "à la botte" et qui puisse encore plus se moquer de ses lecteurs (enfin, ce qu'il en reste...).

Hein ? quoi...? La théorie du complot ?
J'ai cru entendre

Écrit par : Encore | 03/01/2009

"Est-ce que Libé se vend grâce à ses annonces de rencontres ?"
Bonne pioche, Julie.
Le problème de Libé, c'est qu'il ne se vend pas, justement.

Écrit par : Rocky | 08/02/2009

Salut Julie,

Je suis un jeune ancien de l'ESJ (Lille). J'ai fait mes premières armes chez Nord Littoral, c'est ce journal qui m'a conduit au journalisme, et tu sembles ne pas avoir compris pourquoi ce journal se vend beaucoup mieux que La Voix du Nord sur son édition calaisienne.

Tu parles de faits-div traités de manière trash ? Du chien de la mémé ? Bien sûr. Tu as raison : Nord Littoral surfe depuis plusieurs années déjà sur la vague du "concernant", ce nouveau mot à la mode dans les rédactions - Parisien en force. Tu peux leur jeter la pierre pour cela, tourner tes gros sabots, te draper de ta belle virginité de journaliste-sociale-gauchiste-incorruptible (à voir) et t'en retourner à ta sacrée Brique. Tu te seras montrée au moins aussi ridicule que les patrons-de-locales-et-autres-chefaillon-de-tout-poil-que-tu-dénonces.

Moi j'ai une autre explication au succès de ce titre. Tu l'aurais sans doute vite décelée si tu t'en étais donné la peine. As-tu remarqué que ce titre sort des informations, très régulièrement, qui ne sont pas dans les colonnes de ta si honnie VDN ? As-tu remarqué que ce journal n'hésite pas à allumer des puissants ? As-tu seulement compris, que, lorsque tu es passée à Calais, le même titre que tu flingues était en procès avec le maire de sa ville, ce qui doit être un cas assez unique en France ? Je te suggère la lecture d'un papier d'Haydée Saberan, la correspondante de Libé à Lille, qui racontait tout cela bien plus joliment que moi, et de manière moins impliquée : http://is.gd/iON4

Tu as une jolie plume, une capacité d'indignation intacte, et un caractère manifestement entier. C'est bien. Mais ouvre un peu tes oeillères en apprenant, parfois, à penser contre toi-même, comprends que l'information n'est jamais ni complètement noire ni totalement blanche, apprend à respecter ton lecteur (ce qui ne veut pas dire le brosser dans le sens du poil) et tu seras devenue une grande journaliste.

Antoine

Écrit par : antoine | 08/02/2009

Je lis que LE lecteur veut ceci et pas cela. Plein de magnifiques propos définitifs. C'est marrant. Alors qu'en prenant juste l'exemple de l'escalier de ma résidence avec dix appartements, il y a presque autant de types de lecteurs que d'habitants si j'en juge par le contenu de notre commune poubelle à papier en complément de nos discussions entre voisins...

Je lis le Monde diplomatique en regrettant que les articles soient souvent trop courts à mon goût. Et suis parfois un peu frustré de voir qu'il existe une presse anglophone qui n'hésite pas à consacrer trente pages à un sujet qui n'en fait que trois dans le Diplo. De là à écrire que la presse se devrait d'être toute à l'image du Diplo ou de Foreign Affairs... il y a un pas que n'hésite pas à franchir ici certains commentateurs.

Écrit par : Hubert | 08/02/2009

Bonsoir,

Ayant travaillé des années dans la presse régionale, à l'heure où il subsistait encore une once de concurrence, je ne puis que t'apporter toute ma sympathie. Ton papier visiblement dérange les bons petits soldats de la Voix du Nord dont on rêverait qu'ils se mobilisent avec la même ferveur pour commenter la Une de leur canard sponsorisée par Dany Boon, Line Renaud et les publi-reportages. Mais tu sais, ça fait "vendre".
La Voix du Nord était un journal. Elle est devenue un support commercial à vocation communico-journalistique. De la même manière, elle a lobotomisée sur fond de précarité et de course à la promotion les petits journalistes qui, comme Sam, t'envoie au pays des Bisounours. Lorsqu'il feuillette son édition du week-end (Dany Boon) et les suppléments petites annonces où l'on vente le métier de commercial à la VDN, il a vraiment de quoi se sentir grand un journaliste ce garçon. Je lui souhaite de finir chef d'agence ou mieux de zone. La classe.
Quant à Patrick ... Je lui ai connu une prose moins gastrique quand il pensait encore éclairer quelque peu la PQR. Comme quoi quelques années à la VDN vous flanquent des aigreurs d'estomac qui finissent par émousser votre plume. Dommage et peu importe.
Ceux qui viennent la hausser chez toi sont si à l'étroit dans leur petit journal et leurs petits cartons Hermès qu'ils sentent déjà le sapin journalistique. Le journalisme a besoin d'air, de plumes libres, pas de scribouillards. Dis toi qu'Albert Londres aussi était un doux rêveur. Il est mort en plume libre et la liberté n'a pas de prix.

Bon vent à toi,

bien sincèrement.

Écrit par : Vent du Nord | 09/02/2009

Encore un mot. Julie, je vous pense encore bien jeune. Moi, qui suis d'âge à être votre père, je voulais vous dire toute ma considération, vous saluer pour votre courage. N'écoutez pas toutes ces vieilles toupies racornies qui vous reprochent votre volonté d'en découdre avec un monde qui ne vous convient pas en disant que ce serait la faute de votre jeunesse, d'une immaturité supposée et d'une inadaptation relevant de la psychiatrie. L'âge ne fait rien à l'affaire. Dans toutes les époques nous avons eu des gens pour chanter "Tout va très bien, Madame la marquise"...

Hubert

Écrit par : Hubert | 10/02/2009

Thanks. Hadn't thought of the image file. I'll have to shrink that, it seems.

Écrit par : ghd pink | 08/02/2011

Je voudrais m'attarder sur un point que l'on ne souligne pas assez. Le jeunisme affiché de "La Voix du Nord" et de sa plateforme commerciale, il n'y pas d'autre mot, (DRH) qui recrute désormais des journalistes de moins de 30 ans, quant à ceux qui ont dépassé allégrement les 40 ans, inutile d'y penser, ils n'ont pas, ou plus d'avenir dans ce journal. Pour les autres, les perspectives restent minces à moins d'être ouvertement acquis à l'idée du jour (que de pitreries et de bassesses dans les propos du dénommé "Geoffroy".) A la longue, la morne réalité de la PQR s'avère nettement moins glorieuse : multiplication des CDD, vacataires balancés à la petite semaine d'une rédaction à l'autre sans aucune connaissance préalable de la région, misère subie du transvasement, intimidation par le biais du petit chef et de toute une lampée de cheffaillons, mauvaise ambiance dans beaucoup d'agences, avenir incertain, domestication en cours "appréhendé" puis voulue par une toute génération de scribes-laquais crétins qui craignent de ne plus avoir d'avenir demain. A la lecture de cet excellent et édifiant papier, on voit bien combien les idéaux issus de la Résistance ont été allégrement bafoués par toute une génération de sinistres technocrates. On mesure également combien la qualité de ce journal qui se prétend donneur de leçon est en baisse. Comment fait-on si l'on a dépassé, par hasard, la limite d'âge ? Inutile évidemment d'attaquer un média qui se complait dans l'arrogance et le mépris vis-à-vis de tous ce qui est différent de lui, et notamment la PHR, tout en essayant de faire, désormais, dans la mauvaise copie. Le racisme ordinaire de la DRH de la "Voix du Nord" qui exige des compétences multiples mais n'offre rien en contrepartie, si ce n'est un salaire de misère (-1700 euros brut, pour des gens qui se sont soumis à l'exercice délicat des écoles reconnues, une honte soit dit en passant-), c'est aussi notre quotidien de journaliste produisant du prêt à bouffer, enfermé dans un carcan de fausses valeurs et d'idée reçues. A ce titre, le succès de la PHR s'explique assez facilement : il s'agit d'une presse de témoignage qui est, bel et bien, dans la réalité des vies, dans les difficultés concrètes de ses lecteurs, alors que "La Voix" et ses journalistes se complaisent dans une vision étriquée du monde et de la société. En racontant, votre expérience comme vos déboires, vous prenez Julie, un grand risque, celui de ne plus retrouver de travail, dans ce monde des convenances. Vous avez à ce titre, mon respect, et également mon soutien total.
Bien cordialement
CB
journaliste chômiste
CP 71657

Écrit par : Jean | 20/02/2011

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