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16/06/2008

La vie, la vraie ?

J'étais il y a encore deux jours, dans une ville du bassin minier. Tenez, elle commence par "Béth" et finit par "une". Notez que je ne mentionne plus les villes où je stationne histoire de contourner les tags bloguesques.

Toujours en contrat pour la voix du n***d (idem pour les tags). Un CDD d'une semaine, avouez que c'est savoureux. Une semaine pour connaître une ville où l'on débarque. Remarquez ça fait prendre conscience qu'on a beau être ch'ti (ortho plus qu'aléatoire, vu les temps qui courent...), on ne connaït qu'dalle au Nord. Moi en tout cas.

Bref, une semaine à se dire qu'on est dans le bassin minier et que nom d'une pipe, on aimerait en voir du cliché d'ouvrier mal dégrossi à la bière et au chômage. Surtout une semaine à s'ennuyer ferme devant son écran, enfin ça c'est une autre histoire.

Voilà que le dernier jour, samedi donc (j'aime bien travailler ce jour là, on se croirait en vacances mais enfermée), on me confie (de canard) un article sur une kermesse. Notez que ça s'appelle de la micro-locale. Si la CLP (correspondante locale de presse) avait été dispo c'est elle qui aurait traîné ses basques dans la kermesse.

Pour ma pomme. Mais tranquille, j'y vais à pied. Une demi-heure de marche, je vous l'ai dit, y a rien à faire le samedi. Mais il fait beau et puis il y a du temps à perdre, alors je laisse la voiture sur son parking. J'arrive tranquillement à l'école du buisson (toujours à beth...gniagnia enfin vous voyez). Et là. La vie, la vraie les gars. Enfin les vrais gens. Parce que faire le premier adjoint de la ville et interviewer un maire d'un village alentour, c'est la vie, la municipale dirais-je. Mais revenir aux sources des vrais gens, qui galèrent la semaine et s'éclatent le week end en regardant les enfants se dandiner sur une estrade, c'est ce que j'appelle la vie.

Beaucoup diront que ça fout mal à l'aise, surtout à voir l'étendue de vert bouteille sur les tables. La double 3 se promène aussi dans les mains des papas qui applaudissent les bambins. Et puis c'est une kermesse, les jeux, l'alcool et le kitsch en plus. Les journalistes laissent ça aux CLP.

Je profite d'ailleurs de cette tribune que je m'offre pour essayer de souffler aux grands pontes du journal : "payez plus les CLP et filez leur enfin les honneurs auxquels ils ont droit....ils nous font quand même plus de la moitié du journal!"

Bref. Je ne suis restée que très peu. Mais voilà où sont les sujets que les localiers laissent tomber. Il est plus facile, c'est clair, de passer sur ses sujets quotidiens, d'oublier qui sont les gens du coin et de laisser la part belle à ceux qui les représentent. Le journaliste se déconnecte peu à peu de la réalité.  Je suis consciente que sans avoir fait ce dernier sujet, je n'aurai pas pu m'en rendre compte. Mais alors qu'est ce qu'il faut faire ? Ces gueules cassées de la vie, comme j'aime à les appeller, qui pour certains portent un t shirt de johnny, ou appellent leur enfants Kelly et Brandon, on en rigole dans les rédactions. Mais ce sont eux qui nous lisent, eux qui sont pus nombreux qu'on ne veut le croire, plus intéressants souvent que ceux qu'on interrogent.

Je les aime bien ces détruits de la vie, ces oubliés du quotidien, j'aimerais juste laisser encore vivace mon illusion que le journaliste est censé défendre la veuve et l'orphelin....

Mais est-ce que j'ai tord ?

Est-ce que c'est du ramassis petit bourgeois de gauche ?

Est-ce que c'est vraiment le métier dont j'ai envie ?

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