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16/08/2007

Les journalistes ne sont pas des ouvriers comme les autres (même si...)

C'est lui qui le dit : "Le journaliste n'aura jamais de mal à trouver des contacts dans les assos ou les institutions mais rencontrer des vrais gens, sur ce qu'ils vivent eux, c'est dur. J'avais une amie qui souhaiter parler des gens qui passent du RMI au RMA. Elle avait tous les contacts institutionnels mais ceux qui avaient été touchés par la situation, elle n'en trouvait pas. Les journalistes ne sont pas de la même classe que certaines personnes concernées par leurs articles". (à peu près, pendant l'émission là bas si j'y suis)

Et il a raison le ruru. On me reprochera mon manque de recul vis-à-vis de mes sources. Ici François Ruffin, mais quand on a vécu quelques mois à bosser pas loin de lui, à réflechir et à comparer avec la situation de la presse, on se dit que...zut alors il a pas si tord.

Je connais dans ma famille, des smicards, des rmistes, des malades du travail, des intermittents, des retraités aux revenus de misère. Pourtant, même issue d'un milieu plutot modeste, j'ai du mal à ne pas appeller les associations quand un reportage tombe. En fait il y aurait plusieurs niveaux, si l'on veux. Les "vrais" gens, les assos, les institutions. Et à l'école on nous apprend à ne pas écouter les vrais gens. Combien de fois on m'a dit "une parole ne suffit pas". Je veux bien moi, mais franchement, il n'y a que les concernés, directement, qui ressentent la situation, qui savent à quoi elle ressemble.

J'ai dernièrement interrogé une famille vivant dans un hôtel de Tourcoing, l'association qui travaillait avec eux m'a suivi. La famille est en France depuis plus de 5 ans. Elle en est toujours à vivre dans deux 9m². L'association ne place pas un mot plus haut que l'autre. Aucune critique sur les institutions. Rien. Alors que clairement la famille n'avance pas. Si l'association n'avait pas été là, je pense que la famille ne les aurait pas remercié, n'aurait pas remercié l'hotel. Baasankhand (la mère), aurait fondu en larmes et parlé du vrai quotidien de l'hôtel. Non que je cherchais l'horrible, le crade ou les sentiments, mais je n'ai pas eu beaucoup de paroles sur ce que c'est que de vivre là.

Je ne dis pas que les associations nous cachent des choses. Mais au fur et a mesure du temps, elles ont développé des services de communication aussi ciselés que ceux des mairies. On nous passe toujours le grand chef, qui lui sait ce qu'il dit. Mais pas le bénévole qui trime sur le terrain. Et quand on parle de lui et de ceux qu'il aide éventuellement, c'est pour en faire un portrait neu-neu.

Reste que je revendique alors, le droit de parler aux petits/grand/roux/bruns/laids/beaux..... et de les croire. Et ne pas forcément toujours vérifier 36000 fois s'ils ont raison de dire que l'ANPE se fout de leur gueule ou que le centre culturel d'à côté se transforme en lieu d'exposition pour bac+10 alors que la mairie siffle que c'est de l'art à portée de tous. Et d'essayer d'aller fouiller (dans les poubelles) autre part que dans notre quartier ou de notre classe. Parce que oui, c'est encore un problème de classe.

Qu'est ce qui est plus facile : suivre Sarkozy dans sa piscine de je-sais-plus-combien-de-batons-et-franchement-je-m-en-fous ou suivre un Rmiste, au supermarché du coin voir ce qu'il peut acheter avec son budget, le suivre à l'Anpe, rester en attendant que les réponses (négatives) pleuvent ?

Commentaires

Assos ou vrais gens ? pas sûr. Il y a aussi ceux qui s'organisent pour se défendre, prendre la parole, par exemple, la coordination des intermittents et précaires

http://www.cip-idf.org/

ou agir ensemble contre le chômage (AC!)

http://www.ac-reseau.org/

Écrit par : l. | 16/08/2007

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